La suite du Chili est couchée sur papier, mais ne sera dévoilée que dans le bouquin !

 

Surprise et patience ;-) !

 

 

 

 

 

Le 13/03 : Santiago, capitale

 

Réveillés vers sept heures par l'homme qui s'est occupé de nous la veille, nous plions rapidement et avalons quelques gâteaux secs sur le pouce. On nous conseille de ne pas traîner pour arriver jusqu'à la douane, organisée par les Chiliens. L'interminable descente qui mène à Santiago est en travaux, une seule voie étant dégagée, la circulation est alternée : la nuit on monte et la journée on descend. L'inverse ne nous aurait pas vraiment arrangé... Lorsque nous arrivons au poste frontière, une file conséquente s'est déjà formée. On nous dit de patienter derrière les lignes réservées aux voitures et d'aller faire les papiers comme si nous étions en bus, tout en remplissant des formulaires d'importation de véhicule... Ce qui nous vaut de patienter deux fois plus que tout le monde. Trouvant la manœuvre injuste, d'autant que les trois degrés qui ont enfin daignés affluer recroquevillent nos extrémités, je me permets de doubler quelques autos. Et gare à celui qui me dira quelque chose depuis son habitacle chauffé !

 

Dans la guitoune de la douanière argentine, la dame me demande pourquoi diantre nous refaisons la queue de ce côté si nous avons fait tamponner nos passeports depuis les guichets pour les bus. Ce à quoi je lui réponds pourquoi parbleu nous ont-il fait passer par la voie des bus pour nous refaire faire la queue du côté des voitures. La nullité organisationnelle des postes frontières de la planète ne m'étonnera jamais assez, mais je sais bien que la dernière chose à faire est de s'énerver. Quoi qu’ici, la colère semble avoir plus d'effet que devant un asiatique qui restera circonspect et incrédule devant une telle manifestation de perte de contrôle de soi ; sauf dans certains pays, plus centraux, où un accès d'adrénaline peut vous causer moult ennuis. Les visages courroucés d'un militaire Turkmène ou mieux des officiels d'Oman et les fouilles qui s'en sont suivies me font encore parcourir quelques frissons le long de l'échine jusqu'à la nuque six ans après.

 

Pas la peine donc d'attendre pour passer à la cahute du douanier chilien, il nous faut aller directement à la vérification des bagages. Nous voilà de nouveau à doubler tout le monde, en justifiant tous les cinq pas à un agent que nous avons déjà tous les coups de tampon nécessaires. Eux se demandent bien pourquoi nous les avons alors que ne nous sommes pas encore passés devant la maisonnette de leur copain. Nous sommes obligés de leur expliquer que nous sommes passés par les files réservées aux bus, ce à quoi on nous répond que nous n'avions aucune raison d'y passer puisque nous ne sommes pas en bus. A nous de justifier alors que c'est leurs copines du haut qui nous y ont conduit. On nous contrôle également le papier d'importation de véhicule. Deux fois. Deux fois nous avons le même souci, on nous reproche que ce papier ne convient pas, car c'est pour les voitures ou les motos, et pas pour les vélos. Comme ci nous y pouvions quelque chose... Ce n'est pas nous qui l'avons pondu ! Et lorsque je leur demande s'il existe un formulaire pour les vélos, ils me disent que non ! Un moment je me demande s'il n'y a pas une caméra cachée et de futurs téléspectateurs qui se gausseraient de notre situation, mais non, il n'y en a pas !

 

Enfin le copain chilien au tampon, qui ne comprend ni pourquoi nous les avons déjà, les tampons -il a presque l'air vexé d'avoir été court-circuité- ni pourquoi nous avons une autorisation d'importation de véhicule. De nouveaux les mêmes vaines explications, sauf que lui, il ne veut pas nous laisser passer, pour le motif que ce papier n'est pas valable pour notre tandem. Vu qu'il n'existe pas de formulaire pour les vélos, je lui suggère de le verticaliser dans sa corbeille. Les bras m'en tombent lorsqu'il me dit qu'il n'en a pas le droit ! Le papier a été fait, c'est un officiel, obsolète certes, et on ne peut pas le détruire ainsi. Profitant de l'impatience des suivants provoquée par notre échange, je récupère le papier, prétextant que je vais aller voir son chef. Quinze centimètres plus loin il finit en boule dans le fond abyssal de ma poche, disparaissant à jamais de la surface du globe. Ouf !

 

Et c'est maintenant que commence la véritable partie de plaisir : la fouille des sacoches. On a le droit de ne rien rentrer de vivant (à part nous mêmes...) ou qui pourrait donner la Vie. Pas de plantes -on ne se promène pas avec nos pots de fleurs-, pas de graines qui pourraient germer -on a finit nos lentilles la veille-, pas de lait - ??? - à moins de le déclarer - re ??? -, bref la liste est sans fin et pas toujours d'une logique implacable à première vue -le miel est interdit par exemple-. Nous avons pris nos dispositions pour ne pas voir nos affaires partir à la benne, sauf que nous avons perdu la trace d'une poire... Nous n'arrivons pas à remettre la main dessus depuis l'avant-veille, et nous avons décrété qu'elle était perdue pour la France. Nous sommes confiants.

 

Le chien renifleur arrive tout excité, la queue faisant l'essuie-glace dans le nez de Matt-Esteb qui lutte tout ce qu'il peut pour sortir ce canidé qui fouille dans sa remorque. Médor ne met pas cinq secondes à trouver la poire qui s'était glissée dans le sac de jouets du petit. Fier comme un pape, le militaire l'attrape et me la montre fronçant un sourcil, l'air de dire : vous ne m'aurez pas avec votre williams ! Et puis toutou s'énerve sur la collection de bouts de bois de notre fils. On n'en a pas le droit non plus ! Les morceaux de branches mortes depuis belle lurette, qui font office de pistolet, de canne, de piolet, qui servent à creuser, etc. depuis de nombreuses semaines rejoignent la poire accompagnés des sanglots de Matt-Esteb qui crie « aux voleurs ». Bon, là, ils ont vraiment l'air bête, et je les laisse s'empêtrer dans de vagues justifications, claires comme le ciel de la veille. Avant de réaliser que la draisienne est elle aussi en bois ! Nous abrégeons et prenons congé au plus vite avant qu'un zélé ne nous embrouille une fois de plus.

 

Dernier bonhomme à passer pour sortir de la zone et reprendre la route... il nous demande un papier pour le vélo ! Las, nous lui disons qu'il n'y en a pas, et il ne nous enquiquine pas plus. A peine quelques hectomètres parcourus que la circulation est coupée. Nous remontons la file alternée de voitures et de camions, puis on nous arrête, nous expliquant que des engins de chantier remontent la seule et unique voie disponible. On nous dit également que nous ne pourrons repartir qu'après l'intégralité des véhicules, ce à quoi nous rétorquons que nous voulons bien redémarrer après les autos, mais pas derrière les poids-lourds, vu que nous serons plus rapides dans les vingt-neuf lacets. Ils acceptent, et la descente s'apparente à un véritable bonheur : nous sommes seuls durant plusieurs dizaines de kilomètres, pouvant contempler le paysage et utiliser toute la largeur de la route pour tourner dans les épingles.

 

Vers midi, nous mangeons notre premier completo, également appelé italien, grande spécialité chilienne : un hot dog recouvert de purée d'avocat, de mayonnaise et de ketchup ; du vert, du blanc, du rouge ! Puis Los Andes se profile, à soixante-dix kilomètres de la capitale. De là, pas le choix, pour rejoindre Santiago, c'est de l'autoroute, de la deux fois deux voies interdite aux vélos. On peut plus ou moins passer outre l'interdiction et rouler sur la bande d'arrêt d'urgence, quand il y en a une... Et puis il y a quelques tunnels, où se situe le vrai danger. Mal éclairés, étroits, avec notre vitesse réduite, nous allons au devant d'ennuis, nous les laissons pour le lendemain, la nuit portant conseil. Entre-temps, Steph contacte Camille, son amie d'enfance. Finalement, Gregg, son mari, emprunte l'énorme pick-up américain (de six litres de cylindrée !) d'un copain et vient nous chercher. Nous sommes accueillis avec de la charcuterie et du fromage bien de chez nous, difficilement importés par des connaissances, et nous passons une bien agréable semaine, de repos, de visite, de farniente, de discussion... et de mécanique ! Nous faisons connaissance de Tess, sept mois à peine, chilienne (droit du sol oblige) et française (droit du sang oblige aussi). Les petits s'apprivoisent, les grandes rattrapent quatre années de disette de confidences et Gregg m'aide à remettre en état le vélo et à dénicher les pièces à remplacer dans les boutiques et les shopping mall (centres commerciaux) spécialisés. Pneu abîmé, chambre à air à bout de souffle, jeu de direction fissuré, fond de jante entortillé, hydraulique des freins à reprendre, quelques heures passées à remettre en état un tandem dont certaines pièces ont bien du mal à franchir le cap des trente-deux mille kilomètres...

 

Santiago est constituée de près de quarante communes, un peu comme des arrondissements. Les quartiers les plus à l'ouest sont les plus aisés, du côté des Andes. Là, des pseudo-gardiens passent leurs journées dans des guitounes de planche, à des croisements plus ou moins stratégiques. Ils sont censés faire des rondes et jeter un œil aux maisons entourées de hauts murs, de grilles, de picots acérés, de barbelés et même de files électriques, façon clôtures pour vaches. Les plus inquiets cumulent les protections, ajoutant quelque système d'alarme. Parfois, il arrive qu'un gardien demande des étrennes, et ceux qui ne s'y soumettent pas se voient assez bizarrement cambriolés au premier week-end d'absence ! Les propriétaires sont censés entretenir le carré de verdure devant leurs fortifications, écoulant des hectolitres d'eau dans une région qui ne voit pas une goutte de pluie durant l'été. Et gare à celui qui ne s'y soumet, la délation auprès des autorités étant aussi répandue que les sodas de l'Oncle Sam.

 

Bon, sinon, elle est sympa la capitale ! Un centre d'affaire moderne et ses hauts buildings, un centre historique avec quelques bâtiments qui valent le coup d’œil, un métro efficace. Dans les stations de ce dernier, on peut flasher avec son portable les codes barres de produits de supermarchés placardés par JC Decaux, et se faire livrer à la maison en un temps record ! Les centres commerciaux spécialisés impressionnent par leur étendue. Ceux dédiés aux voitures, mais surtout ceux de sport qui peuvent comporter de quoi essayer son nouveau matériel : mur d'escalade, vague artificielle pour surfer ou body boarder, et même plan d'eau pour mettre à l'eau son habitable de sept mètres ou plus... Quand on arrive des zones désertiques et montagneuses d'Argentine, on reste coi quelques jours, même si, bien égoïstement, nous sommes bien plus tournés vers nos amis, à partager leur quotidien, leur puce et nos recettes de cuisine : mousse au chocolat versus aïoli, houmous et tapenade versus grillades au barbecue !

 

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Commentaires

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  • elea (jeudi, 04. avril 2013 19:05)

    coucou vous aller bien avec la maitresse sa fait une inondation de 2métre et il a u 46 mots sa fait beaucoup 2métre bisous a vous trois gros gros bisous

  • marwane (samedi, 30. mars 2013 20:41)

    bonjour stephanie

    etes vous fatigués à cause du monsieur qui vous a réveillé a 7heure


    aurevoir bon voyage

  • esra (samedi, 30. mars 2013 10:39)

    bonjours je vous souhaite un bon voyage

  • PATONNE (jeudi, 28. mars 2013 10:55)

    des surprises c'est sur il doit y en avoir des tonnes la patience, c'est difficile mais je vois que nous n'avons pas le choix.........il n'y a plus qu'à attendre votre retour et la parution du livre.
    bonne continuation pour le reste de votre aventure

  • Danièle (mardi, 26. mars 2013 17:20)

    C'est bon de retrouver un peu de civilisation avec vos amis. Les photos sont toujours aussi superbes. Bravo pour le récit on s'y croit .. Bisous à tous

  • Séverine (lundi, 25. mars 2013 19:19)

    Les photos sont superbes nous vous suivons depuis le début et attendons avec impatience à chaque fois de nouveaux récits, de nouvelles photos.
    Merci de nous faire voyager avec vous
    Bisous à vous 3

  • PATONNE (samedi, 23. mars 2013 16:00)

    superbes les photos, le récit seras surement aussi très passionnant...........

  • sandrine (jeudi, 21. mars 2013 19:40)

    coucou c'est elea j'espere que vous allez bien que le chili est beau a voir je vous fais de tres gros bisous a vous trois

  • PATONNE (mercredi, 20. mars 2013 13:36)

    de loin, le récit du passage de la frontière nous fait sourire et même rire, surement pas très rigolo à vivre, mais cela fait partie de l'aventure. Un peu de repos avec des amis cela fait du bien,
    profitez en et reparte sur les routes en pleine forme.Bises à vous 3

  • mia (samedi, 16. mars 2013 10:32)

    bonne chance a vous

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